Cy Twombly au Centre Pompidou

30 novembre au 24 avril 2017

Cy Twombly au Centre Pompidou

30 novembre au 24 avril 2017
Première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly.

Commissaire : Mnam/Cci, Jonas Storsve


Artiste américain originaire du sud est des états unis .
Après sa sortie de la Black Mountain College, université libre expérimentale de Caroline du nord, il embarque pour l’Europe et l’Afrique du nord en compagnie de Robert Rauschenberg.
A son retour à New York en 1953, il réalise ses premières œuvres évoquant des villages et des sites archéologiques marocains.

 

Lorsque je regarde une œuvre  de Twombly  ce qui me frappe c’est d’abord la liberté du geste, puis la complexité de la composition. Twombly regarde à travers les choses, ou peut être cherche t-il à extirper de la matière générale des choses un alphabet qui résonne à travers la matière. Ce langage abstrait existe en toutes choses, tout objet, toute forme. Dans une cuisine, il est le froissement multiple d’une nappe en tissu, comme en témoigne « table, chair and cloths » de 1953. Une série composée de 6 photographies carrées  montrant une petite table de cuisine revêtue d’une nappe claire, sobre et sans motif apparent. Photographiées sous divers angles de vue, le tissu laisse apparaitre en creux et bosses/ombres et lumières, tous les plis sujets des nombreux passages de jambes et de mains de ses hôtes.


« Se souvenir des belles choses » ce titre de film de 2001 ou l’amour et la mémoire sont intrinsèquement liés pourrait s’apparenter à l’enfance de tout art…Chez Twombly cet art du geste premier se nourrit sans cesse de lecture et de nombreux voyages autour de la méditerranée. Il y a la fraicheur et la spontanéité du geste pur, du sens immédiat des choses, de cette proximité du penser et du faire comme dans sa toile Academy réalisée en 1955 (peinture industrielle, mine de plomb, pastel sur toile) ci-dessous.


Cy Twombly

Cy Twombly

 

Il y a une urgence à ce que la chose existe, il faut dépasser la pensée, faire bruiter la matière, faire sortir les formes de ce néant de papier.
Des fragments de papier déchiquetés puis collés sur un papier brut, les traces de colles sont visibles, la peinture à l’huile blanche tombe en grosse gouttes éparses, parfois griffés d’un coup de pinceau raide, Sperlonga collage, 1959 (au dessus).

La peinture de Twombly n’est pas une apparition, c’est une disparition des formes, un fondu de la toile vers la toile.

 

Une omniprésence ou une « omniabsence » de la toile grattée d’où s’échappe des fragments de lumière teintée. Empire of Flora, 1961 (Huile, crayon à la cire,  mine de plomb, crayon de couleur, sur toile, illustration ci-dessous), du moins jusqu’en 1963 date de sa série sur l’empereur romain Commode, un empereur sanguinaire qui ne croyait pas à la gouvernance sans faire régner la peur et la mort.


Cy Twombly

 

Rare, l’exposition offre également au spectateur un panel des sculptures d’assemblage de l’artiste, formes simples ou la géométrie froide et ronde rencontre la matière sensible, l’organique en empâtement et parfois la teinte légère.


On pressent derrière le geste de l’artiste la fonction possible de ces nouveaux objets. Sculptures/outils renfermant le secret de leur usage comme pourrait l’être l’outil pétrifié du sculpteur de Pompéi.


Toutes les sculptures, assemblages d’objets usuels, sont recouvertes de blanc, elles marchent ainsi d’une seule voie, sorte de veillée architecturale silencieuse  dans l’angle vitré du Niveau 1 du Musée, jouissant ainsi de la lumière éclatante de cette après midi de printemps.


Cy Twombly

 

« La peinture blanche est mon marbre » Cy Twomby


Cette exposition à été réalisée grâce au généreux concours de la Cy Twombly Foundation.


Hervé All pour Art11