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D’où venez-vous ?
De la peinture donc. Je n’avais jamais fait de photo de ma vie, auparavant. Je n’avait pas de goût pour cela. Mais maintenant ce qui m’intéresse est, d’une part de garder une trace de mes installations et d’autre part ce qui apparaît dans le viseur de l’appareil.
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Qui êtes vous ?
Je suis un peintre dont les démarches m’ont amené à la photo. J’ai derrière moi 20 ans de peinture et seulement 3 ans de photo, donc je me considère plus comme un peintre. D’ailleurs les problème que je soulève par mes photos sont des problèmes de peintre. Je me sens comme un peintre qui s’est amputé des mains , comme un renard se sectionne les membres pour se dégager du piège dans lequel il est tombé, pour se libérer. C’est exactement cela. Ma vision est celle d’un peintre, c’est juste la technique qui est différente. Dans la peinture je voulais créer une espèce d’espace qui serait indiqué par deux objets, quand je peignais je m’intéressait à l’espace laissé absolument vierge entre deux tableaux. C’est la photo et les installations qui les précèdent qui m’ont permis d’établir ce rapport entre cet espace vide et le spectateur qui va pouvoir l’habiter. Ce qui est beau c’est l’imagination de celui qui regarde, comme Duchamp disait : "c’est le regardeur qui fait le tableau".
Où allez vous ?
Après cette expo chez Bruno Delarue qui me soutient toujours fidèlement, j’ai un projet en juin au Burkina Fasso, dans le cadre d’un échange culturel entre France et Afrique. Je vais travailler avec des artistes locaux et créer une installation sur place avec les objets que je trouverai.
Propos recueillis par Isabelle de Maison Rouge
http://www.bernardpras.fr/
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