Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow
Du 20.09 30.10.2005 à la Galerie Zacheta Varsovie
Par Olivier Vargin, Doctorant en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Provence
De Stanislaw Ignacy Witkiewicz à Andrzej Karmasz en passant par Tadeusz Kantor, Jozef Robakowski, Roman Opalka, Katarzyna Kozyra, Paulina Olowska, Elzbieta Jablonska, ou Arthur Zmijewski, l’exposition "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" présentée à la Galerie Zacheta (Varsovie) du 20 septembre au 30 octobre 2005 et mise en scène par la talentueuse commissaire d’exposition Bozena Czubak dresse, en réunissant pas moins d’une quarantaine d’artistes polonais modernes et contemporains, un des portraits les plus exhaustifs de la scène artistique polonaise de ces quatre-vingt dix dernières années. Sans détour, ni langue de bois, "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" ou "Egocentrique, immoral, démodé, contemporain, visions d’artistes" interroge avec esthétisme, force et radicalisme le passé, le présent, la réalité et l’identité d’une société (polonaise) en pleine mutation aujourd’hui.
Zoom sur l’un des expositions de l’année.
Se "détournant" des "canons" de la morale et des valeurs d’une société en mal de repères, Bozena Czubak et la Galerie Zacheta proposent, dans "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow", une vision et une idée de l’art consacrée à la société (et l’identité) d’hier et d’aujourd’hui, capturant de bout en bout les fragments et les pièces d’un présent et d’un devenir nourri et désagrégés à la fois par les désillusions d’une réalité sociale perfide et difficile. Sans se désunir un instant, "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" tâche de traduire pleinement, par le biais de l’absurde, d’un regard ironique et cynique, la désillusion d’une époque, d’un "monde merveilleux", et à travers cela les maux d’une identité égarée dans les eaux troubles de l’Histoire.
A l’image des (auto-)portraits photographiques plus que songeur de Stanislaw Ignacy Witkiewicz ou de Tadeusz Kantor, des clichés (Détails) chiffrant le temps de la déchéance de Roman Opalka, du paysage artistique polonais "138 polish painters artists from the cycle XXII Enumeration" (1999) vu par Edward Dwurnik, des scènes de genres tels que Bitwa pod Grunwald (1999) bercées entre l’ordre et la folie de ?odz Kaliska, des photographies iconoclastes à la fois envoûtante et dérangeante de Zofia Kulik, des corps nus difformes ou âgés, inadaptés aux canons esthétiques d’aujourd’hui dans Laznia Damska i Meska (1997) de l’emblématique Katarzyna Kozyra, des tirages présentant des personnes handicapés et bien portantes - dans Oko za Oko (1997) d’Artur Zmijewski, des vidéos performances - tutoyant l’absurde de Witold Gombrowicz du groupe Azzoro, ou des autoportraits déroutants d’Elzbetia Jablonska comme "Batmatka" ou "Spidmatka" (2002) et d’ Andrzej Karmasz comme Autoportret-Geisha II (2004), Bozena Czubak et la Galerie Zacheta présente dans "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" le réel des images ainsi que celle de la représentation sociale. Bien plus qu’un simple portrait de la scène artistique polonaise, "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" questionne, par-delà les avaries de l’Histoire et le fléau de la censure, la réalité d’une société, d’un monde à la merci depuis quelques années déjà de la consommation de masse, d’un idéal ne subsistant qu’à travers l’imagination figurative des médias. "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" ou "Egocentrique, immoral, démodé, banalité, visions d’artistes" nous invite à découvrir un monde inconnu, celui de la réalité, revisitant, nul doute, le sens que peut revêtir de nos jours les "valeurs" de notre société. Bien plus qu’un simple coup d’œil, "Egocentrycne, niemoralne, przestarzale, wspolczesne wizerunki artystow" à la Galerie Zacheta du 20 septembre au 30 octobre 2005 attend votre regard.
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Elz˙bieta Jabon´ska. Batmatka (2002).
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