Dans le coeur des Espagnols, il y a... »

EXPOSITION du 3 juin au 31 juillet 2010


Une grande première !

Nous vous invitons à participer à la création d’une oeuvre d’art collective sous la direction du Maître Aaron HINOJOSA
le jeudi 3 juin 2010 dès 18 heures.
L'oeuvre créée sera mise aux enchères publiques. Le produit de sa vente sera reversé à l’association "AUX 4 VENTS DE L'ART" dédiée à l’accès des personnes handicapées visuelles au monde de la culture et de l’art graphique.
L’exposition, sous l’égide de R.L.D. Diffusion, présentera des gravures et des livres d’art de grands maîtres espagnols, à l’image du "Passage de l’Egyptienne" qui illustre plus de 40 ans de complicité entre deux hommes d’exception : Joan MIRO et son graveur Robert DUTROU.

En cette occasion la galerie présentera des livres d’art et des gravures d’Edouardo CHILLIDA, Enrique MARIN, Joan MIRÓ, Leopoldo NÓVOA, Pablo PALAZUELLO, Vicente ROJOAntonio SAURA, Antoni TÀPIES ainsi que des toiles et sculptures d'Aaron HINOJOSA.

Aaron  HINOJOSA

« Je suis né le 4 janvier 1948 à Oaxaca, Mexique, où j’ai vécu jusqu’à 5 ans avec mes deux frères. En 1963  nous sommes partis à Cunia, ville frontalière avec le Texas. Comme « balero » (cireur de chaussures) j’ai hanté les marchés d’artisanat et de peinture à Cunia puis à Mexico. Ce furent mes écoles d’Art.

A 18 ans, avec 1000 dollars en poche et un visa de trois jours, je pars pour Londres. Dans l’avion, je sympathise avec un français qui m’héberge deux jours puis me donne un billet open Londres-Paris. A la gare de Lyon à Paris, je prends un billet jusqu’à Aix en Provence avec mes derniers francs. A Aix, pour survivre, je chante dans la rue avec une guitare et je rencontre monsieur BIOULES , professeur aux Beaux-Arts. Il devient mon maître, me soutient et m’initie aux techniques picturales pendant 3 ans. Il me recommande à son ami le sculpteur AVOSCAN dont je deviens l’assistant aux Beaux-Arts de Lyon. A lyon. Riche de cette transmission donnée, je ne pouvais qu’à mon tour transmettre à Souheil GHEZOUANE cet héritage artistique si exceptionnel ! »

Dès le début du marché de la création à Lyon en 1982, Aaron vend des sculptures en papier mâché et des peintures faites d’assemblages. Son imagination fantasque et poétique, nourrie de toute la culture mexicaine fait naître des êtres extravagants et colorés qui enchantent un public surpris de trouver des oeuvres aussi éloignées des sentiers battus. Son univers enfante la joie et le rêve, toute une animalerie fantasmagorique s’entremêle à l’humain dans un délire magique.

Depuis peu, en contrat avec la galerie « le point sur le i », de grands projets se tissent : éditions de bronzes animaliers, gravure, Don Quichotte, des toiles sont exposées actuellement dans des galeries à St Paul de Vence, Paris, Lyon … Shanghai en septembre. Nous ne doutons pas d’un succès fulgurant !


Robert DUTROU & Joan MIRÓ, CINQUANTE ANS DE COMPLICITÉ ARTISTIQUE 

Extrait du texte "PAVANE POUR MIRÓ" du livre Baluchon et Ricochets - Éditions Gallimard

Pendant plus de cinquante ans, le graveur Robert DUTROU et sa famille ont relevé un défi : puiser aux meilleures sources tant artistiques que techniques pour conférer au livre d'artiste, livre des livres, ses lettres de noblesse, grâce à la confiance des plus grands créateurs et artisans du livre. Joan MIRÓ est au cœur de cette histoire bibliographique.

En 1944, certificat d'études en poche, Robert DUTROU souhaite devenir imprimeur, comme son meilleur ami. Lorsque celui-ci lui propose de venir voir l'atelier où il travaille, sa déception est grande devant les énormes rotatives qui avalent des kilomètres de papier dans un fracas sans nom. "Ce métier n'est pas pour moi !"

Pourtant, ce sont quelques mots notés sur son carnet par le conseiller d'orientation qui vont changer le cours de sa vie : "Élève doux et rêveur, destiné à un métier d'art." À cette période, Mme et M. LACOURIERE cherchent un nouvel apprenti pour leur atelier de taille-douce. En parcourant les fiches d'orientation des élèves du collège de Robert DUTROU, ils vont s'arrêter sur son dossier. Les grands noms de la peinture contemporaine se pressent à leur atelier : PICASSO, ROUAULT, ERNST, HARTUNG, MASSON, KANDINSKY, BRAQUE et bien sûr MIRÓ. Robert se révélant rapidement très doué pour le tirage du noir, un bon nombre d'artistes lui confient leurs plaques.

Il sait qu'il est dans son élément, qu'il vouera sa vie à une certaine idée du beau, à l'amour de l'art, servie par son exigence du métier bien fait. Pendant douze ans, il acquiert à l'atelier la technique rigoureuse et exigeante qu'impose le métier de graveur en taille-douce.

Pendant cette période, un jour qu'il est seul dans l'atelier, un graveur, qu'il ne connaît pas, lui demande des essais.

Satisfait de la prestation, l'inconnu lui donne un pourboire "royal", en effet presque la moitié de son maigre salaire d'apprenti. À son retour, son patron lui demande : "Il y a du nouveau ? "Juste quelqu'un qui est venu faire des essais, un certain MIRÓ." Robert ne se doutait pas que cette rencontre allait déboucher sur une histoire de confiance et d'amitié qui durera une quarantaine d'années. À partir de ce jour, Joan MIRÓ lui confie systématiquement ses essais et ses tirages à faire.

En 1956, Robert DUTROU s'associe au graveur Aldo CROMMELYNK. Lydie, épousée par Robert en 1952, prend part au travail de l'atelier, situé rue de Plaisance, dans le 14e arrondissement de Paris. Beaucoup d'artistes suivent les deux hommes. Joan MIRÓ reste un des premiers fidèles. Dans ce nouvel atelier, ils vont ensemble continuer de pousser plus loin les expérimentations des tirages en couleur. En 1960, Aimé et Marguerite MAEGHT sollicitent alors le couple DUTROU pour diriger leur service taille-douce. Intense période de créativité, les ateliers de la fondation et de Paris permettent d'explorer tous les aspects de la gravure. Comme MAEGHT, qui débute sa carrière comme dessinateur-lithographe, Robert est un homme de métier. Il découvre, avec son nouveau patron, que l'expression picturale peut trouver, dans une confrontation avec le verbe, une autre existence, une autre spécificité.  Il comprend quel rôle créateur engendre "la proximité de la poésie et de illustration", "le peintre et le poète se provoquent, se rejoignent, se perdent dans une appréhension des apparences et du secret qu'elles révèlent" (1). Expérience inestimable pour Robert qui collabore avec les plus grands. Mais de tous, c'est bien Joan MIRÓ qui continue d'occuper une place privilégiée dans le cœur de Robert, et réciproquement.

Robert va présenter une technique révolutionnaire capable d'apporter du relief dans la gravure, le "carborundum", et il pense immédiatement à le proposer à Joan MIRÓ est enchanté par la découverte que lui propose Robert et réalise des dizaines de plaques avec cette technique. Là s'exprime toute la complicité entre l'artiste et le graveur. Le premier doit réussir à pénétrer l'œuvre du second sans pour autant s'y soustraire. Tâche délicate car il faut coucher sur le papier ce que l'artiste a dans la tête, situation pas toujours, au premier abord, compatible avec la gravure. Des heures, des semaines voire des mois sont nécessaires pour trouver l'idée, la manière de réaliser. Joan et Robert y sont toujours parvenus ensemble.

La relation des deux hommes parle de complicité, de qualité de leurs échanges et de leur communication. Comme beaucoup d'artistes, MIRO voulait s'assurer la collaboration d'un même graveur, mais pas n'importe lequel. Il s'agissait pour l'artiste non seulement de confiance et de l'assurance du respect mais, parfois, plus encore d'être guidé dans des techniques qui conservent quelques secrets, même pour les plus grands : "Un trait doit être ferme ou souple, une couleur doit s’accorder", l'homme de métier " déchiffre autant le travail apporté par l'artiste que l'intention qui s'en dégage" (1). MIRÓ travaillait par étapes. Il commençait par tracer sur la plaque vernie l'architecture principale du dessin, plaque qu'il confiait ensuite à Robert pour faire les morsures (passage des plaques dans l'acide) puis en tirait une épreuve en noir. Cette étape permettait à MIRÓ de mettre en place les touches de couleur qu'il faudra graver sur d'autres plaques. Face à l'épreuve en noir et au côté de Lydie DUTROU, Joan MIRÓ s'empare des crayons pastel qu'elle lui tend. La complicité est si grande qu'elle anticipe sur la couleur à prendre dans la boîte. Une fois l'épreuve rehaussée, MIRÓ la rangeait dans un tiroir afin de la regarder avec un œil frais, quelque temps après, il passe ensuite à la morsure des autres planches, puis aux essais et à nouveau aux morsures, jusqu'à l'obtention des résultats souhaités. L'artiste satisfait, il signe alors le bon à tirer. Parfois, plusieurs semaines sont nécessaires pour réaliser le tirage, délai encore plus long lorsqu'il s'agit d'un livre de bibliophilie où le texte et les illustrations doivent être mis en osmose. Après le séchage des épreuves, elles sont vérifiées, puis numérotées et signées par l'illustrateur. Lorsque Lydie DUTROU crée sa maison d'édition en 1973, les éditions R.L.D., MIRÓ lui fait cadeau, à titre d'encouragement, d'une série de gravures afin qu'elle puisse éditer son premier livre de bibliophilie : El inocente de Xavier Domingo. Ce livre constitue un rite de baptême pour les éditions R.L.D., avec le soutien de l'ami de toujours, MIRÓ pour parrain. Suivront Miranda, La Spirale (1979) et Le Passage de L'Égyptienne (1985) d'André PIEYRE DE MANDIARGUES tout juste lauréat du prix Goncourt - œuvres exceptionnelles illustrées par des gravures de MIRÓ, format 65 x 45 cm plié. Dix ans se sont écoulés avant la parution de ce dernier. Ce fut le dernier livre de la bibliophilie réalisée par MIRÓ pour les éditions.

(1)   Catalogue de l'exposition "À proximité des poètes et des peintres" Quarante ans d'édition MAEGHT


« Le point sur le i »

220, Grande rue de la Guillotière
69007 Lyon - Entrée sur la place.

Accès : métro Garibaldi / Bus lignes 9 et 23 Arrêt Tchécoslovaques

La galerie est ouverte du lundi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous en matinée.

Contact : Patricia Cohen
Tél. : 04.72.71.53.53 / p.cohentanugi@gmail.com


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