Le Palais de Tokyo a ouvert ses portes ce 22 janvier, situé en face du musée d'Art moderne de la ville de Paris. Ce nouveau lieu consacré à l'art contemporain, avec un espace de plus de 20000 m2 dont 5000 m2 ouvert au public, n'est plus tout à fait un musée mais davantage un "Site de création contemporaine".
Son inauguration sera l'occasion de cinq jours d'événements, de performances, de concerts.
Le Palais de Tokyo fête sa réouverture après 7 années d'abandon, par une semaine d'entrée libre (du 22 au 26 janvier 2002). C'est le seul centre d'art au monde ouvert de midi à minuit.

 toutes les interviews...
 Elisabeth PONS
• La lithographie originale
 Maki GEORGEON
• L'errance aux pays des origines
 Jean-Pierre GREUZAT
• Le champ de pierre...
 Bernard PRAS
• Peintre et photographe
 Yvelyne WOOD
• Les chemins de l'histoire...
• Artiste engagée !
 Jérôme SANS
• Directeur du Palais de Tokyo
 Cathy CAT RASTLER
• Une artiste multiple !
 MARCOVILLE
• Un sculpteur pas
ordinaire...


Web Art11.com
zoom sur...


Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud
© Palais de Tokyo
illustration Philippe Roure

 

Jérôme SANS, directeur du Palais de Tokyo 

Critique d'art, commissaire d'exposition, il est avec N. Bourriaud, à la tête d'un nouveau centre de création contemporaine dont les mots d'ordre sont partage et échange entre artistes et public.

Que voudriez vous que le public garde de son passage au Palais de Tokyo ?
Nous souhaitons que le lieu soit une plateforme d'échanges et de contacts autour de la création contemporaine. Paris est doté de formidables outils institutionnels, importants pour la représentation de la création actuelle, mais il manquait un lieu souple qui permette de présenter la création internationale dans la capitale et de donner les clés de la situation artistique en France, qui vit actuellement un renouveau considérable à tous niveaux (architecture, design, musique, littérature...). Très souvent, la situation française reste floue pour une partie du public qui n'ose pas fréquenter les expositions ou pour nos amis étrangers qui ne comprennent pas l'articulation nouvelle de la scène artistique française. Le Palais de Tokyo sera justement ce qui donnera un écho de la situation française mais aussi des moyens pour que des projets trouvent un tremplin d'expression à Paris. Nous serons là pour aider l'artiste à aller vers le public, et vice versa car le plus important dans ces relations est la qualité de contact et l'humanité qui s'en dégagent.

Quelles actions allez-vous développer ?
Le public doit savoir qu'il peut facilement accéder au Palais et qu'il est un lieu ouvert chaque jour (sauf lundi) de midi à minuit. De plus, il ne sera pas seul car il pourra se référer à un personnel compétent mis à sa disposition afin de répondre à ses questions sur les artistes, les oeuvres... Toujours dans la finalité de créer des liens avec le public et les artistes.
Nous avons aussi des lignes de programmation comme Tokyorama, un parcours scénarisé dans le quartier, créé par un artiste, un créateur de mode, ou un musicien. Il guidera un groupe de visiteurs dans le quartier afin qu'il passe un moment privilégié avec le créateur. L'artiste sera face au public, avec son projet. C'est ça le Palais de Tokyo, se dire que chaque projet va engendrer autre chose (débat, conférence, concert, lecture de textes..). afin de mettre en exergue tout l'univers de l'artiste.
Tout ceci pour tenter de ne pas mettre de barrières entre nos fonctions de direction et le public. Nous serons présents dans les salles, capables de réagir de suite aux situations, de répondre au public. Nous voudrions sortir de l'ère de l'industrialisation de la culture où finalement le projet est posé là, sans aucune introduction, ni conclusion. Il faut répondre à certaines attentes d'aujourd'hui.
Ce qui nous intéresse c'est le monde, les gens et on ne réussira pas le projet s'il ne comporte pas cette dimension humaine.

Quel est votre degré d'indépendance vis à vis du Ministère, quels comptes lui rendez-vous ?
Nous sommes une association Loi 1901 comme d'autres centres d'art et absolument libres de la programmation artistique. Nous avons un conseil d'administration dans l'année où nous rendons compte des dépenses et recettes et de la ligne artistique développée. Nous en avons l'entière responsabilité et liberté de choix.

Quels champs de l'art privilégier ?
Peu importe le médium puisque aujourd'hui les artistes traversent divers champs. Ils font aussi bien du dessin, de la peinture, de la photo, de la vidéo, des installations. Il est évident que l'on retrouvera ici tous les médiums possibles rassemblés.
Ayant tous les deux une grande expérience de la programmation depuis 15 ans, nous échangeons aussi avec tous les acteurs de notre équipe. Tout le monde nourrit la programmation, même si nous sommes les directeurs artistiques.

Quels types de rencontre(s) désirez vous organiser avec le spectacle vivant ?
Il ne peut y avoir de lieu comme le nôtre sans qu'il possède une place importante pour d'autres domaines artistiques tels le cinéma, la musique électronique, la danse, mais cela sera fait en fonction des problématiques de l'art. Nous ne voulons pas faire de décalage ou une confusion des genres. Bien souvent, lorsque l'on parle de transversalité des arts, on ne sait plus finalement où se trouve l'architecture, le design ou la mode. Nous souhaitons que le respect existe pour les catégories artistiques mais aussi que le dialogue puisse se faire.

Interview réalisé le 28.12.01 par Pascale Orellana



PALAIS DE TOKYO
13 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Tel: + 33 1 47 23 54 01
web: http://www.palaisdetokyo.com
Ouvert du mardi au dimanche de 12h à minuit