![]() |
|
présentation : français - english Je savais déjà depuis un moment que Koen VANMECHELEN avait quelque chose à voir avec les animaux, et plus particulièrement avec ces spécimens bipèdes à plumes qui appartiennent bien plus aux espèces qui marchent qu'à celles qui volent . Il semble fasciné par les limitations des espèces et pénètre en profondeur leurs modes de vie. Quelques exemples de ces galliformes se promènent dans une pâture clôturée derrière sa maison. Je suis surpris de voir quelques émeux, qui, bien que non endémiques, se sentent parfaitement à l'aise. Ces dernières années, l'artiste fut sans cesse inspiré par ces animaux pour créer des représentations imaginaires en bois, en fer, en plâtre, en textile et en verre . Il m'a parlé d'un premier élevage de faisans qui vivent quelque part en haut des montagnes de l'Himalaya et les compare à des élevages qui vivent dans les vallées de l'Inde ou de Malaisie. Il parle de vautours : de stupas dans l'Est lointain, décorés de têtes d'aigles, de ses projets de réaliser un bipède en verre pour l'an 2000, mesurant plus de 400 mètres et revient en arrière pour reparler des danses d'accouplement des volailles. Pour un artiste, rien n'émerge de nulle part. Les sources d'inspiration sont nombreuses : la nature, le voisinage, l'homme et souvent aussi l'histoire de l'Art. Dans le conflit entre la figuration et l'abstraction, entre l'art inspiré de la nature et l'art en tant que discipline autonome non inspirée du monde environnant, Koen VANMECHELEN a clairement choisi le premier. Cependant ses représentations d'animaux ne suivent pas le modèle de la nature. Ils sont immatures d'une certaine façon, exemples des différentes étapes d'un processus qui ne s'arrête jamais : des passants rêveurs sur leur chemin vers l'indéfinissable. Il recherche les ambiguïtés et les contradictions entre la perfection et l'imperfection, entre le constructif et le destructif. Les nombreuses cages occupées ou non qu'il construit, bien que jamais vraiment fermées, illustrent la relation homme-animal. Cependant les représentations imaginaires de la réalité semblent être désormais devenues propres à satisfaire le désir de VANMECHELEN pour l'aventure de la création. La création d'une nouvelle race de poulets, le Mechelse-Bresse, un hybride qui n'existe pas encore entre deux variétés fameuses, le Mechelse Koekoek et le poulet de Bresse français, a retenu toute son attention. Un programme artistique ? Cela me pose un problème. Le programme d'élevage scientifique ne remplit pas les conditions de ce que l'art est ou devrait être. Ou au contraire les remplit-il ? Jusqu'au début du siècle il était admis que l'art était un substitut de la réalité: dans le reflet de la réalité, l'artiste ramène l'image à la vie. C'est le pouvoir de l'imagination qui crée la discontinuité entre le représenté et le représentant. Dès lors la représentation laisse dans une large mesure de la liberté dans la relation avec le représenté . C'est toujours une interprétation de l'artiste qui nous montre une perspective particulière ou différente de la réalité et qui est reconnaissable une fois évoquée par l'image. En tant que simulation, la représentation détermine pour une large part la signification du représenté. Marcel Duchamp a remis en cause l'idée de l'art en tant que substitut de la réalité. Avec sa Fontaine en 1912, il n'expose pas une image mais l'objet réel lui-même. En 1914, Warhol reprend cette idée avec les Brillo Boxes. Le représentant et le représenté coïncident et deviennent identiques. L'objet de la réalité est déclaré être une œuvre d'art, sur la seule base du concept selon lequel le contexte est déterminant pour la signification que nous attribuons à l'objet. Dès lors l'art devient dépendant du contexte - de l'environnement dans lequel apparaît l'œuvre d'art ( depuis le monde réel jusqu'au musée) - et de la formulation. La signification n'évolue pas seulement à partir de la nature de la représentation mais aussi du lieu (le contexte) de la présentation. Dès lors il n'y a rien de mal dans le fait pour Koen VANMECHELEN de présenter un poulet, si ce n'était que ce poulet, le Mechelse-Bresse, n'est pas une réalité mais en train de le devenir . Il ne présente pas une image de la réalité, ni un objet réel dans un contexte différent, mais une entité vivante qui n'existe pas encore et qui va devenir réelle. S'il faut qu'une œuvre d'art soit nouvelle ou renouvelante, c'est assurément le cas pour le Mechelse-Bresse. Le spectateur devient le témoin de l'aventure de l'artiste qui pousse un peu la nature pour produire une nouvelle créature d'une façon entièrement naturelle et non manipulée. Les prospectives sont larges. Nous sommes impatients de voir le moment ultime de la surprise. En attendant je peux seulement en conclure que les artistes sont une espèce étrange. Florent BEX. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai ressenti l'urgence encore et toujours de créer des choses nouvelles, de les déchirer, et de les reconstuire et de combler d'autres désirs encore meilleurs. Koen VANMECHELEN, Sint-Truiden. I have known already for a while that Koen VANMECHELEN had something to do with animals, more in particular with those two-footed feathered specimens that belong to the walking species rather than the flying species. He seems to be fascinated by the limitations of the species and goes deeply into their mode of living. Some examples of these galliforms walk around in a fenced off pasture behind his home. I'm surprised to see a couple of emus that, although not endemic, feel perfectly accomodated. During the past years the artist was permanently inspired by these animals to create imaginary non-existing representations in wood, iron, plaster, textile and glass. He tells me about a primitive breed of pheasants that live somewhere high up in the Himalayan Mountains and compares them to breeds that live in the valleys of India or Malaysia. He talks about vultures : about stupas in the far East, decorated with the heads of eagles, about his plans to create a glass bicentipede for the year 2000, measuring over 400 meters and switches back to tell me about the mating dance of the satyr fowls. For an artist something does not emerge out of nothing. The sources of inspiration are numerous : nature, the neighbourhood, man and often also the past history of art. In the conflict between figuration and abstraction, between art inspired by nature and art as an autonomous discipline not inspired by the surrounding world, Koen VANMECHELEN has clearly chosen for the first. However, his representations of animals do not follow the natural patterns. They are somehow immature, examples of different stages of a process that never ends : wondering passers-by on their way to the indefinable. He looks for the ambiguities and contradictions between perfection and faultlessness, between the constructive and the destructive. The many occupied or non occupied cages he constructs yet never really closed illustrate the relation man-animal. However, imaginary representations of reality now seem to have become adequate to satisfy VANMECHELEN's desire for the adventure of creation. The creation of a new breed of chicken, the Mechelse-Bresse, still a non-existing hybrid between two famous varieties, the Mechelse Koekoek and the French Poulet de Bresse, has caught his full attention. An artistic program ? It poses a problem to me. The scientific breeding program does not fulfill the requirements of what art is or should be. Or does it ? Until early this century it was accepted that art was a substitute of reality : in the reflection of the reality, the artist brings the image back to life. It is the power of imagination that creates the discontinuity between the represented and the representation. Therefore, the representation leaves to a great extent freedom in the relation with the represented. It is always an interpretation of the artist who shows us a special or different perspective on the reality that is recognisable evoked by the image. As a simulation the representation determines to a great extent the meaning of the represented. Marcel Duchamp has opened the idea of art as a substitute of reality for discussion. With his Fontaine (1912) he does not expose an image but the real object itself. In 1964, Warhol regained the idea with the Brillo Boxes. The representation and the represented coincide, become identical. The object from the reality is declared to be a piece of art, solely on the base of the concept that the context is determinant for the meaning we attribute to the object. From now on art becomes dependent on the context - the environment where the work of art appears (from the real world into the museum) - and the formulation. The meaning does not only evolve from the nature of the representation but also from the location (context) of the presentation. Therefore there is nothing wrong in the fact that Koen VANMECHELEN presents a chicken, if it were not that this chicken, the Mechelse-Bresse, is not reality but in the process of becoming one. He does not present an image of reality, nor a real object in a different context, but a still non-existing living entity that will become real. Whether or not empireal, during the course of time. The spectator becomes the witness of the adventure of the artist who gives nature a little push to produce a new creature in a complete natural and non-manipulated way. The expectations are great. Florent BEX
Koen VANMECHELEN, Sint-Truiden. |
|
biographie
Après avoir reçu une éducation artistique générale à l'Académie des Arts Visuels de Saint-Truiden, Koen VANMECHELEN débuta en 1993 avec une série d'expositions remarquables, lui valant des récompenses telles que le "Talent in Kunst" de Belgique et une sélection pour une exposition au Paleis voor Schone Kunsten à Bruxelles, en Belgique. |
|
Selected one-man shows
1996 : “Juul” (book, with Gregie De Maeyer) |
|
reportage
|
|
contact
|
||||||||||||||||||||||||||