présentation
Il est toujours émouvant de découvrir une nouvelle œuvre. Ce qui frappe lorsquon regarde pour la première fois celle de Nicko, cest son obsession animalière. Cest sans doute parce que ce géologue devenu sculpteur avait appris à lire dans les sols lhistoire du monde, de lhomme et de lanimal, que désormais il ne les séparera plus dans ses rêves. Comme par exemple dans cet inextricable empilement de livres et de rhinocéros fossilisés : douleur culturelle.
Sil a choisi la sculpture plutôt que la peinture, cest, semble-t-il, quil cherche à créer, entre loeuvre et le visiteur, un rapport physique quasi animal qui prélude à lémotion : on sapproche de lobjet, on regarde, on le " flaire ", on peut en faire le tour. Cest ainsi quon fait connaissance.
Larche de Noé de Nicko porte des monstres mixtes, mi-machines mi-animaux, qui nous font franchir les temps et toucher de près laltérité.
Rhino-X, le rhinocéros émergeant du verre est comme une renaissance après je ne sais quelle hibernation. Le saut du kangourou appareillé me fait irrésistiblement penser aux petits enfants du Sud amputés par les guerres et équipés de prothèses par Handicap International. Et les dents de la route suggèrent les inconnues sans limites du progrès technologique et rien ne nous interdit dimaginer que le requin porte la voiture.
Nul nest autorisé à dire à la place de Nicko ce quil veut exprimer, mais en tout cas, chacune de ses sculptures nous force à la regarder comme si elle allait surgir dans notre vie. Toutes semblent faire partie dun vraie univers. Celui de lartiste.
Catherine TASCA, Ministre de la Communication et de la Culture.
L’animal exploré est le reflet de nos passions, nos humeurs, nos angoisses, nos douleurs, nos joies. Il porte en lui la dimension spirituelle de l’universel, où il se mêle étroitement à l’homme.
C’est pourquoi, je privilégie la sculpture animalière.
Toutes les mythologies s’en sont servi pour parler de l’humanité.
La représentation des évangélistes en est un bon exemple :
Matthieu - l’ange/ homme, Luc - le taureau, Marc - le lion, Jean - l’aigle.
Je veux créer un bestiaire fantastique où les animaux transformés et détournés sont porteurs de messages Je souhaite apporter à la représentation animale une force nouvelle qui donne paradoxalement à l’humain toute sa dimension et produire des pièces faciles d’accès, voire ludiques, mais ouvertes à l’imaginaire et aux symboles.
Mes œuvres sont découpage, association, éclatement, transformation, juxtaposition de modes de représentation, utilisation de matériaux divers
Je découpe l’indécoupable, j’associe l’indissociable, pour apporter une dose de fantaisie, d’irréalité réaliste. Une réflexion sur la complexité de la nature et des rapports que nous entretenons avec elle : un animal morcelé, réassemblé qui n’est pas que forme, mais aussi structure, mécanique, mouvement, énergie, entropie.
Mes sculptures ne représentent pas uniquement un animal hybride et reconstruit, mais des histoires ouvertes à l’imaginaire. Cette volonté de redonner du sens me conduit à lier intimement support et animal où s’interpénètrent informations et symboles.
Ces animaux " trafiqués ", transformés, mi-réels, mi-imaginaires, obéissent à la précision scientifique et au réalisme, ils mêlent parties charnues, squelettes et structures. C’est une manière de mettre en scène avec humour le mystère de la vie de la mort, et de donner à voir la dualité existentielle qui nous fascine. C’est la volonté d’offrir à chacun l’envie de réfléchir à la place et à la fonction de l’animal dans notre société : animal-symbole, animal-image,
animal tout court.
NICKO RUBINSTEIN
It is always moving to discover a new work. What strikes one when seeing Nicko’s work for the first time is his obsession with animals. It is without a doubt because this geologist turned sculptor learned to read in the grounds of world history, of man and animal, that from then on he no longer separated them even in his dreams. As, for example, in this inextricable stack of books and fossilized rhinoceroses can be found a universal cultural pain.
If he has chosen sculpture rather than painting, it is, it seems, because he searches to created, between the work and the visitor, a physical relationship quasi animalistic that precedes emotion: one approaches the object, takes it in, “senses” it, one can turn around it. It is in this manner that the work is met.
Nicko’s Noah’s Ark holds various monsters, half machine and half animal, that make us cross over time and touch this otherness at close proximity.
Rhino-X; the rhinoceros emerging from glass is like a renaissance after an indeterminable hibernation. The rigged kangaroo’s jump makes me think, through no will of my own, of the young Southern children made amputees by war and given prosthetics by Handicap International. And the teeth in the road suggest the unknown limits of technological progress; there is nothing to stop us from imagining that a shark carries the car…
Nothing can be said in place of what Nicko desires to express, but for all that, each of his sculptures forces us to consider them as if they had emerged from our own lives. They all seem to be a part of a real universe. That of the artist.
Catherine TASCA, Ministre de la Communication et de la Culture.
The explored animal is a reflection of our passions, our moods, our anguish, our pain, and our joys. An animal carries within himself the spiritual dimension of the universal, where he becomes completely indistinguishable from man.
It is for this reason that I give privilege to animal sculptures.
Every myth uses animals to talk about humanity.
The representation of the evangelists is a good example:
Mathew the angel/man, Luke the bull, Mark, the lion, and John the eagle.
I want to create a fantastic bestiality where the transformed and rejected animals are the bearers of messages. I wish to bring to the animal representations a new force which paradoxically gives humanity its dimension, and to produce works which are easily accessible, playful, but open to the imagination and to symbols.
My works are cut-outs, associations, outbursts, transformations, juxtapositions of representative styles, a use of diverse materials… I cut out that which is necessary; I associate the indivisible, to bring a dose of fantasy, of a realistic unreality. A reflection on the complexity of nature and the relations that are fostered between us: an animal taken apart and then put together again haphazardly, but there is also structure, mechanics, movement, energy, and entropy.
My sculptures represent more than hybrid animals and reconstructions, they are stories open to the imagination. The desire to give back meaning drives me to intimately link and support the animals in a place penetrated by information and symbols.
These “tampered” animals, transformed, half-real and half-imaginary, obeying scientific precision and realism; they are a mix of flesh, skeleton, and construction. It’s a manner of displaying with a sense of humour the mysteries of life and death, and of exposing the existential duality that fascinates us. It’s the will to give each person the desire to meditate upon the role and function of animals in our society: animal-symbolism, animal-imagery…in short, animals.
NICKO RUBINSTEIN