... Toute ma création est spontanée et souvent non réfléchie. Elle naît de mes sentiments les plus profonds, avec une seule intention, le témoignage. Vers qui ou vers quoi, je ne sais pas. Probablement avec moi. C’est comme faire une introspection, une analyse psychologique qui fait ressortir mes peurs, mes doutes, mon passé, tout mon monde intérieur souvent inconnu et étranger pour moi.
... Je suis à la recherche de la réalité du subconscient, plus liée à mes rêves qu’à ce qui m’entoure. Je cherche des solutions inhabituelles pour mes silhouettes agissant en dehors de leur contexte : un cheval sur des échasses, ou conduisant une voiture ou s’accrochant à un autre. Un trapéziste sur un monocycle trop grand, des animaux réalisant des activités humaines comme travailler, jouer au football.
L’irréalité très accentuée par le challenge constant de la gravité, des corps qui ne pèsent rien, qui flottent dans l’air, sans contact direct avec la terre, et ce contact est ce qui nous ramène à la réalité. La réalité est un rêve et le rêve est réalité. J’utilise des éléments opposés et incongrus pour faire plus clairement la critique de la société avec ses métaphores ironiques.
... Il y a des éléments qui sont suggérés dans ma sculpture, mais dans l’invisible. Souvent, pour des raisons esthétiques et de composition la sculpture n’est pas si explicite et peut donner cours à différentes lectures selon le spectateur. L’invisible fait que ces éléments acquièrent encore plus de présence.
Marta Moreu, 2002
Depuis le tout début, la sculpture de Marta Moreu s’est concentrée autour d’une réalité emblématique, une réalité qui demeure un véritable récit autobiographique qui nous conduit dans un univers de souvenirs, le long d’une route d’expérience des sens et de sentiments, répétés avec une forte nostalgie, mémoire et mélancolie.
Son cursus à l’école des Arts Décoratifs de Barcelone et ses apprentissages dans différentes villes l’a amenée à se focaliser sur l’étude du corps humain, qui est devenu un point constant de référence. Cette force expressionniste de la forme, la tension structurelle et la distorsion des corps nus dans des postures inhabituelles - parfois poussées au-delà des limites de leurs possibilités - forment une sculpture qui s’enfuit des premières représentations aux compositions traditionnelles de personnages seulement, prétexte d’une analyse de la condition de l’existence humaine.
Ses sculptures, comme de petites études de personnages seuls, en couple ou en groupe, semblent représenter sa propre condition existentielle. La figure humaine est placée en situation d’équilibre instable sans repère spatial qui intensifie la position de l’individu selon sa destinée. Un héros luttant entre l’abjection et la joie, la vérité et l’ironie, la réalité et le rêve, joie et amertume... En bref, une lutte individuelle entre la vie et la mort, et toujours en mouvement. Ce dialogue bi-polaire se moue dans la sphère structurelle, pour qu’il existe dans la figuration formelle, comme une réaction antagoniste, comme par exemple entre l’horizontal et la verticale, entre le vide et le plein ou le flottement et le contact, afin d’éviter la tension inhérente d’une harmonie réelle.
Mouvement, activité, et action sont inhérentes dans la sculpture de Marta Moreu. Les différents thèmes qu’elle développe (l’équilibre, la danse, les transports, la mythologie etc.) accentuent ce concept de dynamisme et de mobilité si caractéristiques dans son travail. Pour cette raison, les personnages dans ses scènes semblent voler, s’élever dans les airs dans une suspension quasi-immatérielle. Depuis que c’est ainsi, si la sculpture est devenue traditionnellement une pratique artistique basée sur le poids de la mémoire, la densité structurelle et la gravité volumétrique, - malgré l’emploi du bronze - sa sculpture s’enfuit de ses paramètres pour offrir la très belle lumière, la légèreté, l’agilité et la brièveté, alors que le temps insiste sur l’énergie et la vitesse inhérente à notre temps.
La finition de la patine avec différentes nuances (rouge, ocre, vert etc.) conduit à un certain volume pictural, alors que leur apparence rude et brusque accentue le pouvoir, la chaleur et la texture matérielle afin d’inclure une intention initiale immédiate.
Ce monde de Marta Moreu est un des mondes intérieurs qui nous dépasse face aux problèmes de l’existence et au sein de l’agitation psychologique des personnages qui font valoir leur valeur symbolique. Par exemple, derrière l’acrobate dans une position instable, ou derrière le demi-homme, demi-cheval centaure, ou même derrière le groupe de voyageurs conduisant à toute vitesse dans la voiture, différentes lectures sont possible, après observation.
Nous pourrions repenser au monde de Marcel Duchamp, le spectateur étant le penseur de l’oeuvre. Pour de vrai ! Ni la beauté, ni la laideur n’est attribut des choses elles-mêmes, mais n’existe que dans l’attente de ceux qui les observent, et à chaque observation une nouvelle beauté, ou laideur voit le jour. C’est la raison pour laquelle le spectateur joue un rôle actif dans le travail, y apportant un peu de son imagination.
Ainsi, la réponse trouvée au contact d’oeuvres de Marta Moreu varie en fonction des perspectives culturelles, intellectuelles et humaines. Regardant vers le nombre circulaire, par exemple, certains y verront seulement le mouvement audacieux d’un funambule, avec son contrepoids, alors que d’autres l’interpréteront comme l’équilibre hasardeux surmontant les situations quotidiennes, d’autres en constante réaction entre les individus et l’environnement, et d’autres découvriront l’instabilité interne d’être lancé dans un trou qui les conduit à l’hésitation complète ou à un challenge personnel pour survivre au monde social. Tout ça et encore plus. Marta Moreu nous offre son oeuvre de telle manière à ce que l’on exerce notre oeil et redéfinisse le monde.
Conxita Oliver, journaliste
MARTA MOREU
Née à Barcelone le 6 juin 1961. C’est là qu’elle étudiera les Beaux Arts, se spécialisant en sculpture.
Après ses études universitaires, elle se rend à Minéapolis où elle travaille dans un atelier de céramique et apprend de nouvelles techniques.
Elle vivra aussi un temps à Düsseldorf et, à partir de 1987, ira à Barcelone où elle complète ses études artistiques et travaille jusqu’en 1992 dans le domaine de l’enseignement.
De 1992 à 1993 elle vivra une année intense à Paris, où elle commencera réellement son oeuvre personnelle en tant que sculpteur.
A son retour à Barcelone elle continuera à enseigner, mais alternera sans relâche avec son travail de sculpture.
En septembre 1994 elle se rend à Madrid où elle se dédie pleinement à la sculpture et commence à construire son oeuvre.
En novembre 1996 elle retourne à Barcelone, où elle travaille et réalise diverses expositions.
Le monde de l’art connaît un retour net de la figure, surtout humaine, et du paysage, urbain en particulier. A la riche expérience des avant-gardistes du XXe siècle, seulement comparable à l’intensité de la période de conquête de la Renaissance, succéda l’académisme de l’abstrait, de l’hermétique. Le retour d’une sensibilité que l’on peut qualifier d’humaine signifie ainsi moins un phénomène en soi qu’un processus d’amplification, d’ouverture, d’humanisme.
C’est dans ce contexte qu’il faut situer Marta MOREU, qui travailla très tôt sur la figuration. Sa sculpture, ainsi, connut une première période caractérisée par deux pôles : le réalisme et le lyrisme. Mais dans un mouvement que nous pourrions qualifier comme étant pur ou linéaire :chaque pièce exprimait ce qu’elle était, une personne, un animal, un objet, transportés par une dimension lyrique. Ainsi tout devenait facile et captivant.
Aujourd’hui l’esprit est identique, mais après une épuration des motifs et l’intensité du vecteur créatif interne. Ces êtres humains, ces chevaux, apparaissent traités non pas comme ils sont sensés être, mais à travers une volonté stylistique austère, une âpreté propre au touché visuel, avec une certaine intensité dramatique et une indubitable maîtrise de la facture. J’insiste : austérité et intensité. Avec cette recherche obsessionnelle des hauteurs, de l’équilibre dans l’air, un instantané sur le cirque qui figure clairement une symbolique de l’existence.
Marta MOREU est un sculpteur rigoureux, nature, suggestif.
Baltasar PORCEL, Journaliste à la Vanguaria, 1999.
MARTA MOREU
Born in Barcelona on 6th June 1961. That is where she will study the Beaux Arts and specialise in sculpture.
After her universitary studies, she goes to Minneapolis where she works in a studio of ceramics and learns new techniques.
She will also live a certain time in Dusseldorf and, from 1987 onwards, will go to Barcelona where she will complete her artistical studies and works until 1992 as a teacher.
From 1992 till 1993 she will live an intense year in Paris, where she will really begin her personal work as a sculptor.
Back in Barcelona she continues teaching, but alterning incessantly with her sculptural work.
In September 1994, she goes to Madrid where she dedicates herself fully to sculpture and starts to build her work.
In November 1996 she goes back to Barcelona, where she works and makes various exhibitions.
In 1999 she goes to Paris.
The world of art knows a clear return to figure, human particularly, and of landscape, mostly urban. To the rich experiment of the avant gardists of the XXth century, only comparable to the intensity of the Renaissance conquest period, followed the academism of the abstract, of the abstruse. The return of a sensitiveness that we can call human thus means less a phenomenom in itself than a process of amplification, opening, humanism.
It is in this context that we have to place Marta, who worked very early on figurative. Her sculpture, therefore, knew a first period characterised by two poles : realism and lyricism. But in a trend that we could qualify as pure or linear : each piece expressed what it was, a person, an animal, an object, transported by a lyrical dimension. Thus all became easy and fascinating.
Today the spirit is identical, but after an purification of the motifs and the intensity of the internal vector of creation. These human beings, these horses, seem treated not as they should be seen, but through an austere stylistical will, a bitterness proper to the visual touch, with a certain dramatic intensity and an undoubtful control of the facture. I insist : austerity and intensity. With this obsessional search of heights, of balance in the air, a snapshot on the circus which clearly figures a symbolic of existence.
Baltasar PORCEL, Journalist in the " VANGUARDIA ", 1999.
FOIRES D’ART CONTEMPORAIN
1996 : ARTEXPO 96, Galerie Art Petritxol, Barcelone
1997 : ARTEXPO 97, Galerie Art Petritxol, Barcelone
1998 : ARTEXPO 98, Granero Art Gallery, Barcelone
GANTE 98, Galerie Agora 3, Gand
1999 : ARTEXPO 99, Galeria Agora 3, Barcelone
2001 : St’ART, Galerie Arcturus, Strasbourg
Feria Arte, Madrid
2002 : St’ART, Galerie Arcturus, Strasbourg
2003 : ARTEXPO 2003, Galerie Agora 3, Barcelone
2004 : Bellevue Art Exhibition, Bellevue, Washington
X Merc’Art Terrassa, Espai d’Art, Terrassa
2005 : St’ART, Galerie Arcturus, Strasbourg
2005 : Toronto Art Fair, Galerie de Novo, Toronto
2006 : Feria de Arte Marbella, Galerie Agora 3
Foire de Miami
2007 : Foire de Toronto
2008 : Foire de Toronto
2009 : Palm Beach 2009
2010 : Art Chicago 2010
EXPOSITIONS PERSONNELLES
1994 : Galerie Putxet, Barcelone
1995 : Galerie Plastica, Madrid
Galerie Lleonart, Barcelone
1996 : Galerie Lleonart, Barcelone
1997 : Galerie Lleonart, Barcelone
1998 : Granero Art Gallery, Bruxelles
1999 : Galerie Pilar Parra, San Jenjo
Galerie Agora 3, Sitges
Galerie Lleonart, Barcelone
2000 : Galerie Art Petritxol, Barcelone
2001 : Revel Gallery, New York
2002 : Galerie Arcturus, Paris
Galerie Art Petritxol, Barcelone
2003 : Galerie Agora 3, Sitges
2004 : Galerie De Novo, Sun Valley
Galerie Arcturus, Paris
Galerie Art Petritxol, Barcelone
2005 : Galerie DeNovo, Ketchum, Sun Valley, Idaho
Galerie Hayes George, Charlott, Californie
2006 : Galerie Espai d’Art, Terrassa
Galerie Hayes George, Charlott, Californie
Galerie Art Petritxol, Barcelone
2007 : Galerie Arcturus, Paris
Galerie AG, Girone
Galerie Han Art, Montréal
2008 : Galerie Mama Maria , Andorre
Galerie DeNovo, Ketchum, Idaho
2009 : Galerie Hayes George, Charlotte
2010 : Galerie DeNovo, Ketchum, Idaho
Galerie Swenson at Bakehouse, Miami
EXPOSITIONS COLLECTIVES
1996 : Galerie Terrassa d’Art, Terrassa
Caja de Madrid, Barcelone
Centro Cultural Puerta de Toledo, Madrid
1997 : Galerie Kreisler, Madrid
Granero Art Gallery, Bruxelles
Galerie Granero, Barcelone
Galerie Lleonart, Barcelone
Palau Requesens, De Corpore, Barcelone
1998 : Galerie Pilar Parra, San Jenjo
Galerie Agora 3, Sitges
Granero Art Gallery, Bruxelles
1999 : Galerie Arcturus, Paris
Revel Gallery, New York
2000 : Galerie Arcturus, Paris
Galerie Agora3, Sitges
Galerie Pilar Parra, Sanxenxo, Galice
Revel Gallery, New York
2001 : Galerie Art Petritxol, Barcelone
Galerie Agora3, Sitges
2002 : Galerie Halcyon, Londres
2003 : Gallery DeNovo, Sun Valley
Galerie Arcturus, Paris
Galerie Pizarro, Valence
2004 : Galerie Pizarro, Valence
Galeries Bennassar, Pollença, Mallorca
Galerie Hayes George, Charlott, Californie
2005 : Galerie Hayes George, Charlott, Californie
Galerie Agora3, Sitges
Gallery DeNovo, Sun Valley
2006 : Galerie Friesen, Seattle, USA
Galerie Patricia Oranin, Pont l’Abbé
Galerie Arcturus, Paris
2007 : Galerie Friesen, Seattle, USA
Galerie Espai d’Art, Terrassa
2008 : Hayes Georges Gallery, Caroline du Nord
Art Petritxol, Barcelone
2009 : 10 ans de la Galerie Arcturus, Paris
Bake House Exhibition, Miami
2010 : Arteamericas, Institut Culturel Espagnol, Miami
Swenson Galerie BAC, Miami
COLLECTIONS PUBLIQUES
Diputacion de Barcelone
Monument place dels paisos à Molins de Rei
FILM, TV, RADIO
2000 : 4 sculptures présentées dans l’émission de Pedro RUIZ « La noche avierta »,TVE 2
2001 : 2 sculptures dans le décor du film de Jeanne Labrune « C’est le Bouquet ! »
EDITION
2006 : Marta Moreu, Ed Gabriel Gilbert
| Galerie ARCTURUS | |
| arcturus@art11.com | |
| web | http://www.art11.com/arcturus |
| rue / street | |
| code postal / zip code | 75006 |
| ville / city | Paris |
| pays / country | France |
| téléphone | +33 1 43 25 39 02 |
| fax | +33 1 43 25 33 89 |
Du mardi au vendredi : 14 h à 19 h - le samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h. Fermé en août. Tuesday - Friday : 2 pm to 7 pm - Saturday : 11am-1 pm / 2 pm to 7 pm. Closed in August. |
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| Métro : Mabillon, Odéon, St Germain des Prés, St Sulpice Bus : 24, 27, 39, 48, 58, 63, 70, 95, 96 Parking : 27, rue Mazarine, 21, rue de l'Ecole de Médecine, Place Saint Sulpice, Place Dauphine, St Germain des Prés |
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