présentation
Quand Art et Science fusionnent
Biologiste de métier, j’ai toujours été passionnée par la photographie. Entre précision scientifique et talent artistique, amoureuse du Noir et Blanc, j’ai essayé de marier harmonieusement plaisir, lumière et imaginaire. Dans un premier temps, j’ai abordé la photographie sous l’angle scientifique avant de me lancer dans la photo artistique.
Les femmes qui posent pour le monde des publicistes ne m’ont jamais intéressée, car bien qu’elles soient sublimées, et même si l’on conçoit parfaitement qu’elles sont au service du produit qu’elles valorisent, souvent tout n’est qu’artifice. En revanche je suis sensible à la beauté féminine. Le vêtement et les bijoux ont toujours été la parure de la femme. Une femme qui n’a eu de cesse, depuis l’Egypte ancienne et la Rome antique, d’inventer des techniques destinées à se mettre en valeur.
Le regard que l’on porte sur soi ne doit pas correspondre à un stéréotype de la femme actuelle. C’est un peu dans cet esprit que je me suis intéressée à la gestuelle de la femme, dans sa vie quotidienne, dans le temps comme dans l’espace. Ainsi, à travers des images de femmes qui me sont proches j’ai voulu raconter l’histoire du rituel du thé, revisité sous une forme moderne.
Mes modèles ne sont pas des professionnelles mais des amies et notre complicité a rendu mon travail plus naturel. Aucun maquillage particulier n’était prévu pour la prise de vue. Mon travail, qui a duré environ deux ans, visait essentiellement la gestuelle au moment de servir le breuvage et la théière racontant l’histoire. De fait, les théières demeurent un témoignage authentique des différents pays et siècles, une sorte de prétexte pour mener mon vagabondage. Je me suis aperçue que l’expression de la femme pouvait apporter un plus à ma recherche d’évasion. Aussi souhaiterais-je vous la faire partager.
“Il y a partout des marchandes de modes, il n’y a de modistes qu’à Paris” (Alfred Jarry)
En détournant et en reconstituant, en studio, les scènes de reportages, je fais jouer un rôle à mes modèles comme sur une scène de théâtre.
Cette fois -ci j’ai choisi les chapeaux et les masques du créateur Jacques Pinturier et j’ai voulu vous faire partager mon émotion et mon admiration devant ses chapeaux, émotion partagée par Barbara , Jeanne, Alice, qui ont bien voulu poser pour moi et qui ont su, grâce à leur charme et leur personnalité, mettre en valeur ses superbes coiffures et inspirer rêve et fantaisie. J’ai poursuivi cette étude sur les chapeaux avec d’autres modistes moins connues mais tout aussi talentueuses, comme Manon-Martin ou Sandrine Bourg.
Pour qu’une création artistique aboutisse, il faut une alchimie entre le créateur, le modèle et le photographe, j’ai essayé de les réunir. A vous de voir si j’ai gagné mon pari...
Poussant toujours plus loin mon goût du rêve et de la fantaisie, je me suis tournée vers le nu féminin avec à la fois un regard tendre et une complicité avec les modèles qui deviennent actrices et non objets et un regard bienveillant sur ces belles sensuelles suscitant l’émerveillement. Les photos de nus en noir et blanc sont comme un défi à la tristesse et à la morosité ambiantes, une affirmation positive de la beauté des femmes que nous rencontrons.
Monique Berebbi
When art and science intertwine
A biologist by trade, I’ve always had a passion for photography. Between scientific accuracy and artistic vision, a lover of B&W, I’ve tried to blend light, imagination and sensuous pleasure to form a harmonious whole. I first approached picture taking from a scientific angle before embarking on a purely artistic course.
I never found any interest in women posing for the world of advertisement in which artifice reigns and sublimates the model. Although one can well conceive that she must serve the product she is supposed to promote, I, for one, am mostly sensitive to her essential beauty. From time immemorial, clothing and jewelry have been at her service and not vice-versa. Women have never ceased to conceive techniques, objects, designed to set off their charms.
And the way they have of looking at themselves should not be dictated by stereotypes of any kind. This is the frame of mind that influenced my approach to Woman and to her body language, in her daily activities, through time and space. With images of women who are close friends of mine, I set out to tell a revisited story of the ritual of tea.
The models in these pictures are in no way professionals; they are friends, whose complicity has helped me produce natural looking frames. No particular make up was used for the shooting sessions. My work, which went on for almost two years, aimed essentially at showing body movements that went on while serving the beverage and at “portraying” the teapot that told the story. In fact, teapots remain authentic witnesses of different times and places, which I took as a kind of motif for my wanderings.
As work went on, I realized that the countenance of my women friends added an extra touch to my quest for escape, which I’d like to share with you now.
“You will find hatters all over the world, but only in Paris will you find the true milliner.” (Alfred Jarry)
By recreating and twisting photo-reportage techniques in a studio, I intended to have my model friends play a role as if on stage.
This time I chose the hats and masks of designer Jacques Pinturier for I wanted to share the emotion (and admiration) I felt looking at them. Moved in a similar fashion, Barbara , Jeanne and Alice accepted to pose for me. Their charm and personalities set off such superb headgears, thereby giving an unconventional and dream-like quality to the pictures.
I went on with the study on hats, using the creations of other less well known though extremely talented milliners, namely Manon-Martin and Sandrine Bourg.
If an artistic work is to be whole, there must exist a special chemistry between the designer, the model and the photographer. That’s what I’ve tried to bring about. See for yourself if the result is up to expectations.
Pushing still further my taste for fantastic worlds, I turned to the nudes with a look of complicity and affection for my models, empowering them to become actresses and not mere objects in the composition. The lens of my camera could only be kind towards such sensuous beauties, which are an eternal source of wonder. Nudes in black and white are somehow an act of defiance to today’s pervading sadness and gloom, a positive affirmation of the beauty of the women we meet.
Monique Berebbi