...l'Homme est le clown de Dieu...
Ton âme - ce vide entre toi et toi, là où est ta vraie conscience, celle qui aime - , c'est ton artiste intérieur, ...
C'est l'espace de l'émotion.
André Cognard
extrait de " Civilisation et Arts Martiaux"
Editions Albin Michel
collection Question de
N° 102
Procrée l'hiver 1964
photographe
En lieu et place d'une biographie je préfère ici et maintenant vous offrir le texte qui suit, c'est au moins aussi parlant et beaucoup plus distrayant.
La Paresse
L'âme adore nager.
Pour nager on s'étend sur le ventre. L'âme se déboîte et s'en va. Elle s'en va en nageant. ( Si votre âme s'en va quand vous êtes debout, ou assis, ou les genoux ployés, ou les coudes, pour chaque position corporelle différente l'âme partira avec une démarche et une forme différentes, c'est ce que j'établirai plus tard.)
On parle souvent de voler. Ce n'est pas ça. C'est nager qu'elle fait. Et elle nage comme les serpents et les anguilles, jamais autrement.
Quantité de personnes ont ainsi une âme qui adore nager. On les appelle vulgairement des paresseux. Quand l'âme quitte le corps par le ventre pour nager, il se produit une telle libération de je ne sais quoi, c'est un abandon, une jouissance, un relâchement si intime.
L'âme s'en va nager dans la cage de l'escalier ou dans la rue suivant la timidité ou l'audace de l'homme, car toujours elle garde un fil d'elle à lui, et si ce fil se rompait (il est parfois très ténu, mais c'est une force effroyable qu'il faudrait pour rompre le fil), ce serait terrible pour eux (pour elle et pour lui).
Quand donc elle se trouve occupée à nager au loin, par ce simple fil qui lie l'homme à l'âme s'écoulent des volumes et des volumes d'une sorte de matière spirituelle, comme de la boue, comme du mercure, ou comme un gaz - jouissance sans fin.
C'est pourquoi le paresseux est indécrottable. Il ne changera jamais. C'est pourquoi aussi la paresse est la mère de tous les vices. Car qu'est-ce qui est plus égoïste que la paresse?
Elle a des fondements que l'orgueil n'a pas.
Mais les gens s'acharnent sur les paresseux.
Tandis qu'ils sont couchés, on les frappe, on leur jette de l'eau fraîche sur la tête, ils doivent vivement ramener leur âme. Ils vous regardent alors avec ce regard de haine, que l'on connaît bien, et qui se voit surtout chez les enfants.
Henri Michaux
La nuit remue
nrf Poésie /Gallimard
1988
Portraits du Jazz, dans une maison particulière, Saint-Mandé, peinture, sculpture, photographie
1995
L'Ame Sylvestre - travail expérimental avec une danseuse dans la forêt, exposition avec un collectif de photographes, Restaurant "Les Uns, les Autres", Paris 11e
1996
Danses Blanches - travail avec le groupe de Recherche et de Création d'Isabelle Dubouloz (chorégraphe)
1996
Danses Blanches, "La Faïencerie", Creil
1997
Code B'Art, Espace des Blancs Manteaux, Paris 4e, Photos de mode avec la créatrice Olga Papp
2001
"Que le spectacle commence" Banque Dexia France, Paris 8e.





